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 I'm not broken ° Sara

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MessageSujet: I'm not broken ° Sara    Sam 8 Nov - 10:35


Sara Elya Nolan
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NomNolan Prénom(s) Sara Elya SurnomsBonne chance Date de naissance5 Mars Âge23 ans Lieu de naissanceNouvelle-Rome OrigineRomaine et américaine Années passé dans votre campUn paquet. (16 ans) Statut social •  En couple avec un hérisson Orientation sexuelle •  Bi AvatarBryden Jenkins Créditécrire ici

ÉlémentFeu Parent divinBellone et Vulcain Pouvoir (un seul)Transformation en tigre Arme et objet magique (une arme et un objet ou deux armes)Desert eagle de sa mère avec holster (balles en or impérial)+ sacoche magique de son père contenant ses différents outils et gadgets explosifs. (Un seul à la fois) Camp choisiRomains Rêve d'avenirExpier ses fautes et tout faire exploser ?
..IL ETAIT UNE FOIS..
       ..IL Y A BIEN LONGTEMPS.
.

   

« Ben, vas-y raconte ! »
« Je n’en ai aucune envie. »
« T’es chiante, steuplait quoi. On l’a tous fait. »
« ... »
« Allez ! »
« Et merde, après vous me foutez la paix ... »

Après cette introduction complètement merdique - la faute à qui hein ? - on se le demande. C’est quoi cette idée de parler de son passé sérieux. Oui, oui je sais, c’est obligatoire pour passer à l’étape qui consiste à botter des culs et faire exploser des tas et des tas de per... choses. Il n’empêche que ce n’est pas vraiment l’épreuve la plus passionnante pour être un vrai demi-dieu, en l’occurrence demi-déesse, je tiens à rester une femme encore longtemps. Le premier qui dit qu’une femme est un être faible qui ne fait que chialer, je lui explose les parties. Qui n’a jamais rêvé de se retrouver avec un explosif dans le boxer hein ? Je vous assure l’attraction est unique en son genre. Bon, revenons à nos moutons maintenant que la mise en garde est lancée. Je suis née... putain mais c’est vraiment nécessaire toutes ces conneries ? Bon ok, c’est bon, je reprends. Donc, ma naissance se passa à la Nouvelle-Rome, chez les Romains. Oui et c’est totalement normal puisque mes parents étaient - oui, notez l’emploi du temps du verbe c’est important pour la suite - des demi-dieux. Mon père Gaël et ma mère Elly se trouvaient donc être les enfants de Vulcain et Bellone. Oui, dans cet ordre-là et pas dans un autre, ce qui faisait donc de moi, la petite fille de ces deux dieux Romains. Vous allez me dire super, c’est trop cool, et sinon quoi d’autres ? Et bien, puisque je n’ai pas le choix visiblement - la fuite ne m’étant d’aucun secours et pas envisageable, contrairement aux enfants Leg comme moi oui, je ne suis pas restée au camp. Au départ oui, c’est vrai. Je ne me souviens pas exactement de mes premières années seulement que j’étais un bébé qu’on pouvait qualifier de chouette. Le bon môme vous voyez, celui qui reste sagement dans son berceau, qui pleurs juste pour la forme ou quand il le faut vraiment mais pour le reste il suffisait de me poser dans un coin où je pouvais zyeuter ce qu’il se passait et je ne bougeais pas. Oui, j’avoue que pour mes parents c’était le rêve. Jusqu’à que la petite fille blonde avait capté qu’en tant qu’être humain, elle était sensée se tenir sur ses pieds et non pas se trainer sur le sol comme un zombie qui cherche à vous avaler méthodiquement avant de faire un petit somme pour digérer jusqu’au prochain repas qui passera dans le coin. Le petit bambin aux yeux bleus fit donc ses premiers pas en babillant trop heureuse de pouvoir arpenter mon monde. Mes parents étaient si fiers de voir que la petite chose - le résultat de leur amour (trop de guimauve) - n’était pas complètement abruti ... ok devenait grand. D’après mes souvenirs légèrement flous, mon père et ma mère étaient très occupés la journée, mais une voisine sympa me gardait avec d’autres enfants de Romains. Je crois bien qu’il y avait un petit garçon légèrement attardé (Ro je plaisante) qui essayait d’embrasser tout ce qui tombait sous sa main, autant les objets que les autres enfants - je vous avais prévenu. Bref, je n’avais pas trop compris son délire mais à mon avis, j’avais sûrement dû lui balancer mon petit poing dans la tronche à un moment ou à un autre. Retenez bien que ce n’est vraiment pas bien de jouer avec les nerfs des gens. C’est même extrêmement dangereux, à moins d’être payé à faire le guignol ou vouloir absolument un joli plâtre pour qu’on puisse dessiner dessus et que les copains mettent leurs prénoms dessus - drôles d’idées. Oh mais je suis carrément nulle pour les présentations, il me semble qu’on avait dit que c’était légèrement un des aspects les plus importants - bon, moi c’est Sara. Alors il faut savoir que lors de mon enfance jusqu’à mon retour au camp Jupiter - oui, ça vient - mon prénom était Elya. Pour des raisons qui ne vous concernent absolument pas, je l’ai changé. Ce que je peux vous dire néanmoins, c’est de bien regarder celui de ma mère et peut-être que vous comprendrez le pourquoi du comment. Ou peut-être pas. Mon nom de famille est Nolan, vous n’en saurez pas plus, si ce n’est que j’ai plus de vingt-deux ans mais moins que vingt-quatre, à vous de vous démerder avec ces petites indications. Vers mes quatre ans, avec les autres enfants, je commençais la jolie petite école pour apprendre la mythologie, le latin et toutes ces choses ô combien plus intéressantes que les écoles des mortels. Bon à l’époque j’avoue que je connaissais pas donc je pouvais pas juger et dire en rentrant le soir à mes parents que je ne voulais pas y retourner parce que c’était vraiment lamentable de se lever chaque matin pour s’y rendre. En fait, je suis certaine que vous ne vous en doutez pas le moins du monde mais... je m’emmerdais vraiment. Ce n’était pas que la question du petit dysfonctionnement et des fourmis dans les jambes de rester assise trop longtemps, c’était juste que mon cerveau était câblé pour donner des ordres à mes mains pour construire, créer, démonter, reconstruire - une vraie gosse de Vulcain, seulement il y avait le petit côté de ma grand-mère, le côté ... sombre. Celui-ci me rendait vive et avide de bagarre, de sensations fortes, en clair la gentille gosse venait de se transformer en gosse totalement normal qui use les parents jusqu’à la moelle. Mes parents ne restèrent pas sourds à cet appel venant du plus profond de mon être et me permirent déjà très jeune de me développer dans ce que j’aimais, mon père m’emmenait à la forge, m’apprenait tous ce qu’il savait du moins il essayait - la concentration ce n’était pas évident au début. Quant à ma mère, ayant rencontrée les mêmes petits soucis axés sur le comportement dit inadéquat en public, tenta de m’enseigner comment contrôler ce trop plein d’énergie qui pourrait devenir néfaste si je craquais tout le temps. Autant dire qu’au début c’était le cas. Vous savez les petites crises que font les enfants quand ils n’ont pas ce qu’ils veulent ? Et bien, maintenant imaginez ça lorsque vous êtes un demi-dieu, bonjour la galère. S.O.S parents en dépression cartonnait à l’époque. Grâce à mon père qui possédait un don lié au feu, ce dernier devint mon ami. Oui c’est étrange dit ainsi, mais il m’apprit à l’apprivoiser car il n’y a pas d’autres mots avec un tel élément - le respecter - mais en faire son allié pour se défendre et créer de magnifiques armes. J’aimais beaucoup passer du temps avec Gaël. Avec ma mère aussi, mais elle restait plus réservée alors que mon père ne se privait jamais pour des moments « Père et fille » comme il disait. Je l’écoutais et malgré mon caractère plutôt fort, j’appréciais me réfugier dans ses bras le soir avant d’aller dormir. Ses yeux bleus qui pétillaient alors que je lui faisais le contre-rendu de ma journée... on peut dire qu’il me manque énormément oui. Surtout qu’à mes yeux, il est parti bien trop vite. Il ne suffit vraiment de peu de chose pour perdre la vie, vous savez. Une petite chose toute bête. Un accident est si vite arrivé et ne prenez pas ces paroles comme celle qui indique un futur meurtre. Le jour où mon père est mort c’était un accident aussi bête que de glisser sur un peau de banane - j’exagère - il travaillait sur un toit avec d’autres hommes qui restauraient une bâtisse pour de futurs occupants, le destin aurait pu décider de nous le rendre le soir même mais ce ne fut pas le cas. Ce cher ami commençant par la lettre D se fit capricieux. Alors que la journée touchait à sa fin, les hommes commencèrent à redescendre du toit, ils ne restaient que mon père, son meilleur ami et un jeune homme d’une vingtaine d’années. Mon père était un homme bien et bon, vous savez il me disait toujours si tu es engagé pour faire quelque chose, fais-le bien, dans les règles de l’art. Alors comme à l’accoutumée, il reparti inspecter les travaux de ses compagnons pour être certain que tout était à sa place. Son meilleur ami l’accompagnait. Cependant, ce soir-là, ce fut mon père qui glissa et tomba, pas les autres mais celui qui m’avait donné la vie - façon de parler hein. Les souvenirs se sont amenuisés certes mais il s’avère que je suis encore capable de vous dire ce que j’étais entrain de faire - rêvez pas c’est clairement non - mais pour vous montrer à quel point ce moment est gravé dans mon esprit à tout jamais, semble-t-il.  Disons que clairement, je ne compte pas perdre la mémoire de sitôt, ce n’est pas vraiment mon ambition la plus profonde. Non, celle-ci se résumerait plutôt à créer une tête chercheuse qui éclaterait tous les partisans et les fesses de tous les connards de la terre, et à mon avis, il ne restait plus grand monde. Comment ça mon ambition va me ronger ? Bon, il est vrai que je n’ai pas que de mauvaises intentions. Sachant pertinemment que je ne suis pas la personne la plus ordonnée et disciplinée, je me rattrape comme il m’est possible de le faire. Et puis, je ne suis pas là pour un jugement en direct, mais pour conter une partie de ma vie. Il est vrai que je me suis légèrement égarée, néanmoins vous étiez prévenu dès le départ je n’ai aucun talent pour ce genre d’exercice suicidaire et - faut se l’avouer - carrément chiant. J’avoue que là j’improvise parce que je me suis paumée avec toutes ces parenthèses - je sais que c’est ma faute, pas de besoin de la ramener. Donc, mon père eut droit à un enterrement comme un vrai Romain, sauf que il faut avouer que même si je me sentais cruellement seule et vide, ce n’était rien comparer au chagrin de ma mère. Détruite complètement changée - ma mère n’était qu’une coquille vide pendant plusieurs jours qui donnèrent une semaine au final. Après cette semaine de deuil, je restais durant des journées entières assise derrière la porte de la chambre de mes parents, écoutant hurler puis pleurer et enfin sangloter puis plus rien quand les forces l’abandonnèrent, la laissant plonger dans une transe dont même les adultes ne parvenaient pas à la sortir. Je restais le dos appuyé contre le mur, attendant, espérant, priant tous les dieux pour que ma mère se relève. Chaque jour, j’y croyais. Au début, la voisine me forçait à réintégrer mon lit, puis elle se lassa et abandonna, je restais - je le devais - c’était ma mère, elle avait besoin de moi. Maintenant on me poserait la question, et bien, je dirais qu’elle aurait dû être là pour moi et non l’inverse mais pourtant... il s’agissait de ma mère. Comment une fille pourrait-elle laisser sa génitrice ainsi prostrée et l’abandonner à sa tristesse ? Impossible. J’avais beau être mal - sans doute aussi mal qu’elle - je n’avais pas le droit de quitter le navire. Elle devenait tout ce qui me restait. Mon père était mort. Les premiers jours j’étais incapable d’y croire, puis peu à peu, l’évidence se fraya un chemin difficilement dans ma tête - je devais accepter la fatalité. Gaël n’aurait jamais voulu que sa fille unique baisse l’échine et capitule. La colère, la rancœur, la détermination sont bien plus utiles que le désespoir. Après cette semaine horrible, ma mère a fini par sortir de sa chambre. J’étais ébahi, j’avais tellement envie qu’elle me prenne dans ses bras et me dise que tout irait bien. Mais non, elle passa à côté de moi et sortit de la maison. Je ne comprenais pas. J’avais mal et tellement peur d’être abandonnée à mon tour. Elle revint deux heures plus tard et pour la première fois depuis si longtemps me parla - sa voix était rauque et ses yeux brillaient d’une lueur nouvelle que je ne comprenais pas.

« Fais tes valises, Elya. »
« Maman, où va-t-on ? »
« Ne discute pas, obéis. Nous partons dans deux heures. »

Sur ces mots, elle s’en allait s’enfermer à nouveau. Comment pouvait-elle me faire ça, n’est-ce pas ? Et bien simplement parce que j’étais là au mauvais endroit et que ma mère n’en pouvait plus de ce dit endroit. La jeune fille aux cheveux blonds coupés à la garçonne rentra dans sa chambre et tira son sac d’une armoire, je le remplissais le vague à l’âme, perdue. Mais en même temps, mon cœur me chantait une douce mélodie qui emplissait mon cœur d’espoir spécifiant que ma mère était de retour, qu’à présent tout irait bien. J’étais débrouillarde depuis longtemps et je voulais croire à ce qu’on dit souvent « demain, ça ira mieux ». Et bien, le lendemain, nous nous trouvions sur la route, dans un taxi. Est-ce que la pastille était passée ? Pas exactement. La tête contre la vitre, je regardais s’écouler les paysages, silencieuse. De temps en temps, mon regard bleuté se posait sur ma mère qui ne pipait quasiment pas de mots. Elle avait un air perdu - absorbée dans des pensées qu’une enfant ne pouvait visiblement pas saisir. Il est vrai que la petite blonde avait été informé qu’elle quittait la Nouvelle-Rome, que sa mère ne pouvait pas rester dans sa maison, là où elle avait vécu tant d’années heureuses avec son mari, puis sa fille - une famille heureuse. Est-ce qu’elle avait le droit de faire ça ? Techniquement, rien n’interdisait aux Romains qui avaient effectué le service obligatoire de quitter la légion alors quitter la ville ? Je n’étais pas complètement stupide, je savais très bien que l’extérieur c’était dangereux. Les rumeurs allaient bon train dans la cour d’école, les enfants comme moi, nous connaissions tous les histoires terrifiantes que nous racontaient les grands ou nos parents. En gros, dans nos têtes c’était dedans c’est bien alors dehors c’est mal. Et là, je me trouvais à l’extérieur. Je savais que ma mère avait emporté ses armes, elle ne les quitta jamais. Celles-ci devaient se trouver dans le sac à dos posé entre nous deux, sages et prêtes à l’emploi. J’avais déjà eu l’occasion de voir ma mère se battre, j’en avais été chamboulé totalement paralysé. Et là, je vous assure qu’on se dit mais bordel comment on fait pour être aussi bon ? Et coup de massue quand on vous explique qu’il y a encore des personnes plus puissantes. Tout cela pour en venir au fait que j’avais beau être sa fille, je ne pouvais m’empêcher de lui trouver ce petit côté effrayant - une sorte de tête de bataille, oui j’avais entendu mon père le dire. Une tête que je me devais donc d’hériter pour faire honneur à ma famille - enfin, disons que je restais légèrement perdue entre faire exploser ce qu’on pouvait qualifier d’indestructible et le fait de me battre à mort... dur le choix non ? Ouais, j’avais que six ans donc bon, disons que je me demandais surtout qu’est-ce qu’on mangerait le soir. On dit très souvent que les enfants sentent quand leurs parents sont stressés ou soucieux - c’est vrai et très désagréable. Mon corps commençait à s’impatienter. Je ne restais jamais très longtemps sur place. D’ailleurs quand vous ne savez pas où vous allez, que vous avez disparu avec votre mère un beau matin, que... et bien oui vous ne savez rien sur rien, c’est légèrement frustrant et donne envie de bouger. Mais vous ne pouvez pas. Il ne faut jamais me proposer un taxi, je les déteste maintenant. Et si la question vous vient, oui je préfère faire des kilomètres à pieds plutôt que d’entrer dans un taxi. J’hésitais à demander à Elly - maman donc - de répondre à mes interrogations. Je n’osais pas. J’attendais sagement ou presque. Si j’avais peur ? Oui peut-être, sans doute même. Malgré l’excitation de voir « le monde », je perdais mes repères. Disons que cela faisait beaucoup en plus du décès de mon père, et puis je n’avais toujours pas fait mon deuil. D’ailleurs ce n’est toujours pas le cas, mais on va rester sur mon passé. Finalement, le taxi s’arrêta devant un hôtel. Ma mère me fit signe de sortir. Le reste est un peu flou - oui, je n’étais qu’une gamine - mais on passa deux jours dans une chambre et franchement, je devenais dingue. Ma mère restait pendue au téléphone et finalement, elle vint vers alors que j’étais affalée dans son lit à regarder la télé en picorant des chips.

« Elya, il faut que je te parle. »

Devant ce genre de regard qui ne trompait pas, j’éteignais immédiatement la télévision et me redressais, serrant mes doigts ensemble - un tique nerveux.  Maman s’installa à côté de moi et prit son temps avant de poursuivre d’une voix douce.

« Je sais que ce n’est pas évidement pour toi en ce moment, mais ne t’en fais pas. J’ai tout arrangé. Dès demain, tu auras une nouvelle maison. »

J’étais intriguée et ébahie. Je tiens à préciser que celui qui se moque de mon air de gamine niaise, je le dégomme aussi.

« Tu ne viens pas, maman ? »

Un sourire tendre se dessina sur le visage de ma mère. Sa main se posa dans mes cheveux courts et les ébouriffa légèrement, ses yeux avaient toujours cette teinte terne qui ne m’enchantait pas.

« Nous irons toutes les deux, ma chérie. Mais je ne resterai pas. J’ai trouvé un travail. »
« Comment ça ? »
« Dans une semaine, j’irai passer des tests de recrutement pour rejoindre ... les Marines. Un ami haut placé m’a assuré une place. »

Son hésitation était dû au fait que mes yeux s’étaient écarquillés en petite fille effrayée à l’idée que je pouvais encore perdre ma mère, alors que mon père venait de s’en aller. C’était une voix tremblotante qui lui répondait, mélangée entre le sentiment d’abandon et celui de tristesse.

« Tu me quittes comme papa. », concluais-je donc. Dans ma tête ce n’était pas si évident, je peux vous l’assurer. Finalement, je préférais continuer de zyeuter le dessin animé qui passait. Est-ce qu’elle pensait à moi en ce moment en me disant cela ?
« Je reviendrai évidemment. Si je suis prise j’aurai peut-être la chance d’être stationnée dans une base pas très loin de la maison de ton oncle. »
« Mon oncle ? »
« Oui, ton oncle Jim, mon frère. Lui et sa femme ont accepté de t’accueillir - nous accueillir le temps que je ... »
« Que tu partes. »
« Elya, s’il te plait, ce n’est pas simple pour moi non plus. On aura besoin d’argent, c’est le seul métier qui colle avec mes aptitudes. »
« Ce n’est pas vrai ! »
« Ca suffit maintenant ! C’est comme ça un point c’est tout. Ils sont très gentils tu verras. Et tu verras ton cousin et ta cousine. »
« ... »
« Elya ! »

J’étais partie m’enfermer dans la salle de bain. Je n’ai pas bougé jusqu’à que ma mère se lasse de tambouriner sur la porte. Elle s’en alla finalement. La discussion était close. Elly savait que ce plan ne me plaisait pas, mais elle devait se dire qu’une gamine ne devait rien connaître de la vie et encore moins savoir ce que c’est que la responsabilité. A mon avis, elle aurait été heureuse de ne pas avoir d’enfant - simplement partir très loin de ce qui lui rappelait papa et moi j’étais un peu trop... sa fille. Le soir, je faisais mine de dormir quand ma mère revint. Il était hors de question d’en reparler. Je me sentais trahie, seule et triste. Le lendemain, malgré le sourire d’encouragement qu’elle me lança, je ne répondis rien. Je n’en avais pas la force - je retenais déjà à grand peine de hurler ou alors - ce qui me plait moins - pleurer. J’avalai mon petit déjeuner en silence avec la boule au ventre. Qu’est-ce qui m’attendait ? Et puis finalement, après quelques heures de routes, on y était chez oncle Jim. Je fis donc la connaissance de Naomi, la petite dernière, Jordan qui avait huit ans,  Sofia et Jim aka tata et tonton. Il est vrai qu’ils n’étaient pas méchants. La petite Naomi restait très timide et se cachait derrière sa mère. Jordan, par contre lui semblait ravi d’avoir une nouvelle amie, ni une, ni deux, il m’entraina dans sa chambre - je vous vois venir - pour jouer à Action Man, les gars. Au début, je dois bien avouer que je me disais que ce cousin allait me taper sur le système mais en fait, je m’entendais bien avec lui - moins stupides que mes anciens amis de classe. Cependant, je ne me laissais pas tout de suite aller à l’insouciance car je voulais savoir ce que ma mère allait dire à mon oncle. Finalement, Jordan se décida à être curieux après une longue conversation en lui et moi qui se jouait ainsi :

« Tu fais le méchant... »
« C’était déjà moi y’a cinq minutes c’est pas juste. »
« Bon ok... on échange, mais seulement cette fois. »
« Tu voudrais pas écouter ce que dise nos parents ? »
« Pourquoi ? »
« Mais t’es chiant avec tes questions ! »
« Oh ok ! T’énerve pas, suis-moi, ils ne nous verront pas mais après jure qu’on continue à jouer, sinon je te montre pas ma cachette. »
« Je te promets, allez on va tout louper ! »

Oui, Jordan est très bon pour le chantage. On se faufilait donc hors de la chambre, évitant d’attirer l’attention de Naomi, parce que selon mon cousin, une fille ce n’est pas discret. Oui, j’avais abandonné de lui expliquer que j’en étais une même si mes cheveux étaient plutôt courts pour une fille. On s’arrêtait donc dans sa « cachette », sous-entendu derrière le canapé hein faut pas s’imaginer la planque du siècle. L’oreille aux aguets, j’essayais de comprendre ce que disait mon oncle mais c’était plutôt vague. Mon cousin n’entendait pas mieux et il s’impatientait. Finalement, les vois s’élevèrent. Nos regards se croisèrent. On savait d’instinct que lorsque les grandes personnes crient ce n’est pas bon - expérience absolument pas vécue.  La question était pourquoi est-ce qu’ils criaient. Et en fait... on ne l’a jamais su. Comptez sur Naomi pour venir voir ce qui se passait, donc les adultes se turent, et nous... bah on s’est fait gaulé avec panache. Le regard de tata et maman - outch. Bref, toujours est-il que je voulais savoir. J’interrogeais Elly pendant qu’on rangeait mes affaires dans ma nouvelle chambre. Une pièce de taille moyenne avec des murs blancs et un grand lit. A la base, il s’agissait de la chambre d’ami, située dans le bas de la bâtisse, mais bon elle me convenait très bien vu que je comptais pas y rester. Ma mère m’expliqua que dès le lendemain, elle partirait à la base rejoindre son ami et passer des tests. Pendant ce temps, je resterais avec Sofia et Naomi toute la journée. Le reste de la soirée se passa dans une drôle d’ambiance. Je surprenais des regards lourds de sens entre ma mère et mon oncle, sans comprendre pourquoi ils étaient si énervés l’un contre l’autre. Tata tentait vainement de d’étendre l’atmosphère tout comme Naomi qui était trop petite pour comprendre qu’il se passait une crise de premier ordre devant ses yeux. Jordan levait les yeux au ciel. Mon cousin me plaisait de plus en plus. Le lendemain, maman était déjà partie quand je me réveillais. Je descendis et saluais mon oncle et ma tante et Jordan installé devant la télé en attendant de partir à l’école. J’avais l’impression d’avoir interrompu une conversation en entrant dans le cuisine, même si c’était le cas, ils n’en firent pas cas. Mon oncle restait distant vis-à-vis de moi, mais pas Sofia. J’avais déjà l’impression de faire parti de sa famille alors que je venais d’arriver. Elle me donna même la permission de prendre un bol et de rejoindre son fils devant la télé. Evidemment, j’étais trop petite pour comprendre qu’il s’agissait d’une façon pour se débarrasser de deux gamins pour poursuivre une conversation avec son époux. La journée passa très lentement. Sofia m’emmena faire les magasins. Jordan à l’école et tonton au travail. Le soir, maman n’était toujours pas rentrée et je m’inquiétais pourtant même Jim se mit à me jurer qu’elle allait revenir. Et lui, je ne l’avais pas entendu souvent. En effet, ma mère arriva tard mais elle était rentrée - un sourire sur les lèvres. Je compris que j’allais perdre ma maman finalement. Tonton Jim se renfrogna comme moi. Jordan était trop content comme à son habitude. Je restais dans mon coin jusqu’à que ma mère vienne me parler en personne pour m’apprendre qu’elle commençait la semaine prochaine. Elle était ravie, ça se voyait. J’avais envie d’être heureuse pour elle mais je restais persuadée qu’elle m’oublierait. Qu’elle ne voulait plus de moi. Elle me rassura toute la soirée mais je n’étais pas convaincue. J’étais effrayée. Mon monde s’écroulait et je ne pouvais rien y faire. Elly passa toute la semaine avec moi et lundi matin à la première heure, elle était partie. J’intégrais rapidement l’école de Jordan. Ma mère rentrait quelques fois pour nous voir et je me fis à cette routine. J’étais encore jeune. J’étais capable de m’adapter et puis, je n’avais pas le choix. Finalement, j’avais compris que mon oncle ne m’aimait pas vraiment et ne voulait pas que ma mère se fasse tuer. Comment ? Simplement, parce que la cachette de Jordan avait servi pour une fois. Cette conversation restait gravée en moi. Tonton Jim n’aimait pas Gaël et le faisait habilement comprendre à Elly que son choix avait été le mauvais, qu’elle n’aurait jamais dû suivre la voie de la légion. Ma mère avait abandonné de lui expliquer la raison de ce choix. Tonton jura par la suite que je ne retournerai pas au camp Jupiter. Jordan m’avait demandé de quoi il s’agissait, n’ayant pas envie de montrer ma tristesse j’avais haussé les épaules et étais descendue dans ma chambre. Ma mère n’avait pas envie que je sois comme elle. Elle l’avait dit à Jim, mais savait qu’elle ne pourrait rien y faire. Elle avait assuré à mon oncle que j’étais trop jeune pour avoir des ennuis. J’avoue qu’au début je ne savais pas qu’elle faisait référence aux monstres. Craignant tout de même pour ma vie, tonton et Elly finirent pas m’inscrire dans l’école militaire la plus proche avec Jordan, ma mère avait droit un ce privilège car elle n’avait pas mis de temps pour grader - je la soupçonne à présent d’avoir eu une quelconque relation avec son « ami haut-placé » mais là n’est pas la question. J’avais huit ans. Nous passions cinq jours à l’académie, ne rentrant que les week-end. C’était quasiment comme une autre école en bien plus stricte et plus de sports ce qui ne me dérangeait vraiment pas. Les années passaient tranquillement dans cette routine. J’avais quelques soucis de comportement mais je devais bien avouer que nos instructeurs savaient canaliser mon énergie. Jordan restait mon meilleur ami en plus d’être mon cousin. Ce n’était pas la joie tous les jours, mais dans le fond, j’aimais cette vie bien que ma mère rentrait de moins en moins souvent. Elle prétendait être trop occupée. Mais parfois, j’aurai aimé qu’elle dise qu’était fière de mes progrès, qu’un jour elle espérait que je la rejoindrais. Mais non. Depuis la mort de papa quelque chose s’était brisé et rien ne comblait ce vide. Nous avions un instructeur particulièrement détestable. Tous les jeunes, de tous les âges, ne pouvaient pas voir ce type. Monsieur Robertson. Un homme d’une trentaine d’années, pire qu’un sergent major, grand brun toujours avec son même petit sourire. L’horreur. Il aurait pu être hyper canon si ce n’était monsieur sadique en personne. Un lacet défait, une botte placée trop à gauche, une tâche sur le t-shirt.... il remarquait absolument tout et le faisait payer chèrement. Je le détestais. Honnêtement, nous avions un lien entre tous les jeunes gens. C’était simple d’entrer dans le groupe, il suffisait de ne pas pouvoir le sentir et c’était bon - intégration très facile. On était capable de mettre de côté nos différents ne serait-ce pendant quelques heures juste pour lui faire payer un parcours particulièrement éprouvant ou une injustice. Un jour, Jordan et le reste de son dortoir avait été collé parce que l’un d’entre eux n’avait pas plier correctement son uniforme. Le soir, au dîner, nous nous étions vengés en provoquant une gigantesque bataille de nourriture et évidemment... la cible était monsieur Sadique. Bien sûr que les jours suivant les exercices n’étaient pas des plus simples mais au moins, on lui rendait de temps à autre la monnaie de sa pièce. Est-ce que c’était nécessaire ? Oui, en faisant front ensemble, on devenait des alliés et lorsqu’on se sent seul, il n’y a rien de mieux que pouvoir se reposer sur quelqu’un alors être une unité contre un connard, ça aide je vous jure. Les gens s’entraident pas pour l’amour et ces conneries de bisounours, simplement pour ne pas mourir - pour survivre. La vie là-bas était moins pénible et on riait bien quand même. Dans un sens, il s’agissait d’une façon de prouver que nous n’étions pas que de petits robots qui disaient amen à tout. L’école le matin pendant cinq heures juste après un petit décrassage d’une heure, puis l’après-midi, jeux de guerres, combats, parcours du combattant. C’était entrainant, la plus part des jeunes rentraient complètement fourbus, voir même quelque peu blessés. Mais rien ne devait nous arrêter, même des foulures, nous devions continuer. Si bien que la tension était palpable parmi les étudiants. Combien de fois, nous sommes battus pour une chose aussi futile que l’ordre de passage dans la salle d’eau ? Mais on était un groupe tout de même. Et puis, vint un jour intéressant pour vous mais pas pour moi. Mes prédictions étaient vraies finalement. Nous étions en classe, attentifs (oupas) lorsque le directeur de l’établissement vint frapper à la porte  interrompant ainsi le cours. Je levai les yeux vers lui, comme tous les autres de ma promo. On était intrigués mais pas que, contents aussi de se dire qu’on ratait quelques minutes d’un cours passionnant. J’étais donc en cours, comme tout bon élève qui se respecte, même si ce n’est pas mon cas, je suis plus genre l’élève Ducobu, qui tente toujours de lorgner sur la première de la classe, après tout si la triche te mène à la victoire, tu as aussi gagné. Je voyais plutôt ma vie comme une mission secrète.  Je devais récupérer des informations classé top-secret au péril de ma vie –ça ce n’est pas vraiment faux, parce que si je me faisais choper en plein contrôle, j’allais en prendre plein pour mon matricule.  Les dossiers, c’était des calcules de math, ce jour-là. Quand j’allais lancer mon opération commando, le directeur entrait donc – comme de bons petits soldats qui se respectent, nous nous levâmes dans un silence de mort bientôt ponctué par les petits chuchotements de mes camarades. Mes yeux bleus croisèrent ceux du directeur et j’eus peur pour moi et mes opérations. M’étais-je fait prendre ? Non, ce n’était pas possible, à moins qu’il y ait des caméras dans les classes. Seulement il y a avait quelque chose dans le regard de notre chef me faisait penser à de la compassion – quelque chose n’allait pas, décidai-je la mort dans l’âme. Le pire fut quand elle énonça que je devais me rendre dans son bureau avec lui, en vitesse l’homme chuchota quelque chose à mon professeur de classe qui écarquilla les yeux, puis se tordit les mains. Fronçant les sourcils, j’avais du mal à comprendre ce comportement, les deux adultes étaient nerveux – mais au moins, j’allais échapper à mon cours complètement nul. Me faisant signe de la suivre, je m’exécutai sous les regards étonnés des autres enfants. Machinalement, ma main trouva mon sac que j’enfilais en bandoulière, avant de me mettre en marche. Je n’étais pas bien grande pour mes dix ans, alors monsieur West ne me laissait pas le loisir de traîner les pieds, sinon j’allais le perdre en route. Accélérant le pas, je remarquai que l’homme à la peau mate semblait comme agité de légers tics – Sa main resserrait sa veste légère – Son regard me transperçait puis me fuyait – je ne comprenais vraiment pas. Dans l’état dans lequel j’étais, mes pieds effectuaient leur travail mais moi je ne suivais pas, seul mon cerveau me permettait de me comporter en robot-humain. Après le chemin qui me parut interminable, nous arrivâmes à son bureau. Passant devant lui, j’entrai le premier. J’eus un choc – devant moi se trouvait Jordan, les yeux larmoyants, à ses côté oncle Jim le visage fermé. Mes sourcils se froncèrent. Je ne me sentais pas à ma place. Je voulais fuir. Par un pur instinct, mes prunelles regardèrent la porte qui donnait sur les couloirs, avec envie. Cependant, on me coupait toute retraite. Qu’on en finisse me disait ma tête. Donc, mes yeux bleus scrutèrent la pièce et rencontrèrent ceux de deux militaires – boum – boum – boum. Mon cœur semblait s’arrêter tout comme le temps. Mes genoux se mirent à trembler. Le plus grand des deux s’approcha de moi. Non, voulais-je crier, mais aucun son ne sortait de ma bouche. L’homme avait un visage de pierre. Retirant son béret, il s’accroupit pour être à la hauteur de mes yeux. Je me demande si je respirais à ce moment-précis – j’aurais dis que non. Quand il s’abaissa, l’homme ne me quitta pas des yeux – je restais scotchée, incapable de river mon regard ailleurs que sur cet homme. L’officier ouvrit légèrement la bouche, semblant puiser du courage. Mon cœur ralentissait encore – mais que se passait-il ici ? Une chose de grave était arrivée et on tardait à m’en parler, cela me rendait folle-furieuse mais tellement anxieuse. J’étais paralysée par la peur – tétanisée. Puis je compris. Le regard que me lançait l’homme me parla bien plus que des mots. Baissant soudainement les yeux, la vérité me frappa en pleine poitrine. Soupirant de tristesse, mes épaules s’affaissèrent.
« Il est arrivé quelque chose à maman ? » L’espoir m’empêche de prononcer une phrase affirmative, non elle pouvait pas me quitter elle aussi.
« Je suis désolé... » lâcha le soldat se décidant à faire son travail jusqu’au bout.

Ma bouche était sèche. Ma mère était morte. La réalité me revint encore plus fortement qu’auparavant, tout me semblait trop fort et assourdissant. L’officier tourna la tête vers le deuxième soldat, Emily Powell, la meilleur amie de maman et son lieutenant. Je la connaissais très bien, cette femme m’avait déjà été présentée. La voir me rendait encore plus mal – ma mère était donc bien morte au combat. A son tour, la bouche légèrement ouverte, elle vint m’enlacer. J’avais envie de hurler, les larmes se mirent à couler sans s’arrêter. Mon visage s’enfuit dans son épaule, alors que mon corps tressautaient à cause de mon chagrin. Plus rien n’avait d’importance. J’avais juste terriblement mal pendant de longues minutes et puis, les larmes s’arrêtèrent de couler d’elles-mêmes. Le choc me laissait dans un état second, trop calme. Le visage fermé. Avant que oncle Jim nous entraine dehors, Emily me glissa la plaque de ma mère dans les mains et prononça des paroles que mon cerveau n’avait pas analysé. Le frère de ma défunte mère nous ramena donc à la maison. Je sentais les regards de Jordan sur moi, ce bonhomme de treize à présent, sa main avait saisit la mienne durant le trajet mais il s’en était tenu à mon silence. En arrivant, je filai dans ma chambre, me permettant ainsi de libérer ma colère sur tous les objets qui se trouvaient sur mon passage. Une fois épuisée plutôt que calmée, je m’écroulais sur mon lit, recroquevillée. Je voulais plus que tout parvenir à passer par-dessus cette douleur indescriptible et inimaginable pour ceux qui n’ont jamais vécu ce genre d’événement. Plus j’essayais, plus mon cœur se serrait. Trois coups retentirent à la porte, plus tard dans la journée. Je savais que c’était Sofia, elle le faisait toujours. Je ne répondis rien mais elle vint me trouver tout de même. Je sentais sa douleur pour moi, elle-même était attristée, je savais que ma mère et elle s’entendaient bien - très bien même. Après m’avoir serré contre elle, elle me dit que Emily souhaitait me parler. Je n’avais pas envie de répondre. Seul un haussement d’épaule pu la convaincre suffisamment de laisser entrer la militaire qui ne perdit pas une minute pour s’assoir à mes côtés, en silence. Je n’ai jamais su pourquoi j’appréciais cette femme, mais je lui faisais confiance plus qu’à quiconque enfin... jusqu’à ce jour, j’étais certaine qu’elle aurait protégée ma mère mais elle avait échoué.

« Ta mère serait si fière de toi. » lâcha-t-elle finalement, me faisant lever les yeux vers elle, le regard noir. Emily afficha un sourire triste et passa son bras autour de mes épaules. « Tu es forte Elya, tu peux passer là-dessus. Tu as encore un long chemin devant toi, crois-moi, je le sais. Ses derniers mots étaient pour toi, n’oublie jamais qu’elle t’aimait. »Sur ces paroles, elle se leva et se dirigea vers la porte, avant de s’arrêter. « Le code c’est le 171803. »

Je clignai des paupières en la regardant refermer la porte de ma chambre et mit quelques minutes à me remettre en marche, tombant à genou, je rampai jusqu’au bureau pour en tirer un coffre. Ma mère m’avait toujours interdit d’y toucher - évidemment j’avais essayé mais le code m’empêchait d’assouvir ma curiosité... à présent je savais que Elly voulait que je l’ouvre - c’est ce que Emily était venue me dire finalement, à sa façon elle s’excusait de ne rien avoir pu faire pour la sauver et me donner ses derniers mots. Mes doigts pianotèrent rapidement et le clic significatif se fit entendre. Inspirant un grand coup, j’ouvrais le fameux trésor. Quelle fut ma surprise de découvrir son arme, quelques affaires de mon père dont sa sacoche magique et une lettre à mon intention « Elya Sara Nolan ». Par manque de courage ou tout simplement épuisement, je refermais le coffre sans toucher à la lettre - plus tard, je voulais la lire bien plus tard - voir jamais en fait. C’était trop dur. Cette nuit-là, après avoir reçu un verre suspect de la part de mon oncle, aucun rêve ne vint parasiter mon repos. Le lendemain, je me sentais vide mais au moins j’avais pu me reposer un peu. Naomi restait à l’égard. Jordan m’avait soufflé qu’elle avait pleuré toute la nuit, l’empêchant de dormir. Mon cousin tentait de me rendre le moral par toutes les manières possibles mais la plaie était encore trop vive pour cela. Les jours passèrent, mon moral ne s’améliorait pas. Au fil des semaines, je devenais agressive. Et l’année de mes onze ans, je fis la pire erreur de ma vie, celle qui me poursuit encore à présent. , le jour où mon don se réveilla, me démontrant que je n'étais pas comme eux. J'étais différente et unique.  C’était un jour de week-end, comme les autres, je me trouvais dans la cuisine avec Sofia, mon oncle et Jordan. Je venais de faire part à Jim, mes envies de quitter l’école et lui évidemment ne voulais pas.
« Et où irais-tu hein ? » me questionna-t-il.
« A la Nouvelle-Rome. »
« On en a déjà discuté. Il n’est pas question que tu retournes là-bas ! »
« Et pourquoi pas ? C’est là-bas que je vivais avec papa et maman. »
« Ils sont morts tous les deux ! Ce n’est pas grâce à ton père. »
« Papa n’a pas tué maman ! » hurlai-je en retour.
« C’est tout comme ! Les gens de son espèce... »
« JIM ! » s’interposa Sofia horrifiée.
« Quoi ? Tu oses me dire que ce n’est pas de la faute de ce salaud si Elly est restée parmi eux. »
« Mon père était quelqu’un de bien ! » rétorquais-je.
« Ton père n’était pas quelqu’un de bien... »
« CA SUFFIT JIM »
« Pourquoi m’empêches-tu d’expliquer à cette gamine la vraie raison de la mort de sa mère, ce qu’elle est... je veux l’empêcher de finir comme lui et Elly ! »

Une grognement m’échappa. Je devenais folle. Ma vision se troublait tant ma haine était profonde. Mon oncle insultait mes parents devant moi. Il bafouait leurs mémoires. Je ne pouvais le laisser faire ça. Je n’avais pas le droit d’être impuissante. Je laissais donc ma colère s’échapper en vagues qui faisaient trembler mes membres - ce n’était plus moi aux commandes. Jim et Sofia finirent par me regarder, l’air stupéfait et effrayé. Je ne savais pas pourquoi mais je voulais le faire taire une bonne fois pour toute. Durant des années j’avais écouté ce qu’il avait à dire, sans comprendre cette haine qu’il vouait à mon père mais jamais il ne s’en était pris à ma mère aussi, pas de cette manière. Il n’avait pas le droit de les traiter ainsi. Il paniqua et se planta devant moi en hurlant. J’étais trop absorbée par ce que je ressentais pour comprendre ses mots - je voyais ses lèvres bouger mais c’était tout. Je sentis sa main empoigner mon bras. Un autre grognement m’échappa sourd à ma tante qui devenait hystérique. Il n’avait pas à me toucher. Il me faisait mal. Je n’aimais pas. Je ne voulais pas. Ma main agrippa son poignet, les griffes qui y étaient apparurent s’enfoncèrent dans sa peau, le faisant hurler. Son hurlement me fit complètement perdre le contrôle - c’était trop fort, trop puissant, je ressentais un appel venant de mon corps, j’abandonnai toute résistance. Quand finalement, je retrouvais le contact avec la réalité, mes yeux contemplaient le corps étendu de mon oncle sur le sol de la cuisine couvert de sang. Je reculai, paniquée. Jordan me fixait avec un regard qui ne trompait pas - il avait peur de moi, je le dégoutais. Un autre pas en arrière. Ma tante à côté de mon oncle, le visage déformée par les larmes. Je battis en retraite dans ma chambre, effrayée et vidée. Qu’est-ce qui se passait ? Mon oncle était-il mort ? Je ne comprenais plus rien. Je suivais l’instinct qui me poussait à fuir très loin de cette maison, très loin de cette vie. J’obéissais. Je n’avais pas la force de résister. Rapidement, je changeais de vêtement laissant à terre un jean couvert de sang et un t-shirt troué, pour enfiler une autre tenue, prendre mon sac à dos contenant le contenu du coffre de ma mère et passait par la fenêtre sans réfléchir. Je ne savais qu’une seule chose - je devais fuir loin de ce que j’avais fait. Mes mains tremblaient. Mon âme hurlait à l’intérieur de moi. Je vagabondais pendant des heures et des heures avant de tomber sur un garçon de mon âge, trainant dans les bois. Coïncidence ? Aucune idée. Je n’étais plus moi-même, choquée et perdue.
« Hey dégage de là, je suis en planque ! »
« ... »
« T’es sourde ou quoi ? »
« ... »
« Merde c’est quoi ça du sang ? Pourquoi tu as du sang sur tes mains ? »
« ... »
« Hého ! T’es partie sur quelle planète toi ? Merde ils arrivent, allez amène-toi ! »

Ce garçon brun avec un air toujours sûr de lui m’entraina avec lui dans les bois. Je le suivais sans rouspéter de toutes manières, où irais-je donc ? Il s’arrêta finalement pour m’observer de plus près, tout en jetant des regards inquiets autour de lui.

« Pourquoi est-ce que tu fuis ? »
« Ah, elle parle ! » Un sourire se dessina sur ses lèvres avant d’hausser les épaules. « Bah les flics, tu sors d’où toi ? Bah laisse tomber. Je m’appelle Declan.»
« E..Sara. » L’hésitation m’avait valu un regard inquisiteur de la part du garçon. « Sara. »
« Ravi de te rencontrer. On va dire que tu as de la peinture sur le doigts pas vrai. »

Il ne s’arrêtait jamais de parler mais c’était plus simple ainsi. Il me tendit une bouteille d’eau et un bout de tissus. Je retirais les dernières traces de sang, puis le brun me tendit une barre chocolatée avec un clin d’œil. Je ne comprenais pas ce Declan mais d’une certaine façon je n’avais pas envie d’être seule. Il me raconta son histoire dans les détails, me prêta même son blouson. Il ne posait pas de questions. Il voulait juste parler, se sentir moins seul comme moi au final. Il devint donc mon ami. Je l’aimais bien. Declan m’aidait à oublier ce qui s’était passé, il était là et ce soir-là quand je repris contact avec cette réalité et que les larmes s’écoulèrent, c’était dans ses bras que je me trouvais. Il ne savait pas pourquoi, comprenait simplement ma douleur car il avait vécu d’horribles choses lui aussi. Il savait tout simplement. Un jour plus tard, à la tombée de la nuit, un loup vint nous trouver tous les deux. On le suivit jusqu’à la maison de Lupa et là-bas, nous avons été séparé. La Louve me fit passer les pires épreuves de ma vie, jouant sur mes faiblesses. La règle était simple je devais réussir. J’apprenais à vivre avec sa meute, à me débrouiller, à me renforcer, je n’avais jamais rien vécu de pareil mais grâce à la Louve je prenais conscience que ma vie n’était pas fichue que ce qui s’était passé resterait enfui à tout jamais et qu’à présent je devais retourner au camp Jupiter pour suivre le chemin de mes parents. Je n’étais pas comme Jordan et Naomi. Non, je devais assumer ma différence. La dernière épreuve était simple mais compliquée à la fois, car les monstres ne se gêneraient pas pour me bouffer avant que je parvienne au tunnel Caldecott. J’y parvins après de longues journées et de lourdes blessures. En arrivant là-bas, je demandais des nouvelles de Declan mais lui n’était toujours pas arrivé, après deux jours d’attente insupportable, le garçon était arrivé souriant et couvert de sang - son sang, mon odorat s’était affuté comme tous mes sens après l’incident. Grâce à l’intervention d’une guérisseuse du camp, mon ami survécu. Je décidais donc de tout devoir à cette fille que je ne connaissais à peine mais elle avait sauvé mon ami, mon ange gardien. J’avais donc onze ans lors de mon arrivée au camp Jupiter, là où je pourrais faire honneur à mes parents. Je m’étais présentée comme Sara Nolan et n’avais plus jamais reparlé de mes parents, ni même ouvert cette enveloppe. Après un entretien avec le Praetor du moment qui constata que malgré la fuite de ma mère, j’avais réussi les épreuves comme tous les légionnaires et donc je pouvais intégrer la légion. Les années passèrent, pendant lesquelles je compris que j’étais aussi douée que mon père pour façonner et créer des armes - ma nouvelle passion en plus de taper sur des gens, sa sacoche m’y aidait et je m’entrainais au combat avec l’arme de ma mère. Je cherchais à comprendre comment garder ma forme humaine et éviter de déchirer des gorges avec mes griffes - ce qui n’est toujours pas facile. Je combattis Cronos avec Declan et les autres et étais fière de le faire. Suite à cette bataille, j’ai décidé de mettre tous mes talents en œuvre pour débusquer les traitres. Les nôtres ne mouraient pas sous la main de traitres. J’ai suivi activement la guerre contre Gaïa, les ennuis avec les Grecs. Je ne sais trop quoi en penser. Je préfère ne pas m’en mêler. Je soutiens personne, seul mon instinct me dicte mes décisions. Et pour l’instant, celui-ci me dit de continuer à m’entrainer dur et faire ce qui doit être fait tout en cherchant à expier mes fautes.
       


Ton prénom ou surnomNH Ton âge 20 demi-dieux Que penses-tu du forum ? T'es arrivé là comment ?Comme ça : catchme Code règlementSource effroyablement nulle Un dernier mot Jean-Pierre ?
       CODES BY RAINBOWSMILE


Dernière édition par Sara E. Nolan le Sam 8 Nov - 10:44, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: I'm not broken ° Sara    Sam 8 Nov - 10:36

CHALUT bienvenue (tain juste pour dire ça quoi aucune imagination XD)

Mon bébé c'est la meilleure Very Happy
Invité
Invité

MessageSujet: Re: I'm not broken ° Sara    Sam 8 Nov - 10:54

Une leg qui a pas vécu toute sa vie à la Nouvelle Rome

Bon courage miss

Et bienvenue évidemment ! What a Face
Invité
Invité

MessageSujet: Re: I'm not broken ° Sara    Sam 8 Nov - 12:29

Merci vous deux !
Invité
Invité

MessageSujet: Re: I'm not broken ° Sara    Sam 8 Nov - 15:34



Ω Fiche Validée Ω


Qui c’est qui est validé ?


Félicitation, tu viens d'être validé avec les honneurs du jury. A présent tu peux venir faire la fiesta avec tout le monde.

MAIS FAUT OUVRIR CETTE ENVELOPPE! C'est la seule chose que j'ai à dire. Quoi... c'est moi? Chase, c'est moi qui te valide? Bah ouais, il faut croire que je pouvais pas y résister. J'ai tout lu quoi et franchement, tigresse t'a du caractère. Ça mord Donc euh... qu'est-ce que je pourrais dire de plus, hé ho, on râle pas, c'est pas ma force de faire des discours, je suis un hacker moi dans la vie... Intéressant le prénom de ta tante. Sofia... j'aime beaucoup ange Sinon Jim était un enmerdeur, tu as bien fait très belle histoire, j'ai rien à redire, mis à part que c'est peut-être une histoire comme moi je les aime? ange

Cependant il y a quelques petits détails presque rien à régler, une formalité disons le:
Ici tu pourras réserver ton avatar, et oui ce serait bête qu'on te le pique.
Pour te faire des amis, des ennemis ou tout simplement avoir des liens c'est ici
Là c'est pour faire des rps avec tous pleins de monde
Et ici c'est pour que les admins t'aiment, pour que le forum t'aime et pour avoir pleins de nouveaux amis-ennemis

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MessageSujet: Re: I'm not broken ° Sara    

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